Les Notices de l'Entente des Eglises Evangéliques Libres de Strasbourg

E.E.E.L.C.U.S - E.R.N.R.
Des catholiques et des évangéliques se questionnent mutuellement
Notice 2. Pour mieux se connaître. Edition 2005

A propos du mariage...

 

Des évangéliques questionnent des catholiques :
Questions posées

1. Que signifie le mariage pour les catholiques ?

2. L'Eglise catholique considère-t-elle comme "valable" un mariage célébré dans une Eglise évangélique, surtout s'il s'agit d'un couple dont l'un des conjoints est catholique ?

 

Eléments de réponse :


1. Selon la doctrine catholique, le couple chrétien, en vertu du sacrement de mariage, exprime en y participant, le mystère d'unité et d'amour fécond entre le Christ et l'Eglise (Ephésiens 5, 22-23, 32). Le mariage est non seulement un signe de cette alliance, mais il contribue effectivement à ce qu'elle se réalise, il en est un signe efficace : un Note 1 : Dès le 4ème siècle, les Pères de l'Eglise traduisent le mot grec mysterion (Voir Colossiens 1,26-27 et à propos du mariage Ephésiens 5,32) par le mot latin sacramentum. Saint Augustin, pour qui le mariage est un grand mystère (un grand sacrement), le mystère ou sacrement est le signe humain d'une réalité divine. Sacramentum signifie également promesse, serment.sacrement. Source de grâce pour celui et celle qui le reçoivent et le vivent, il approfondit le sens même de l'amour mutuel des époux : amour de sentiment, mais aussi engagement de fidélité, don total, gratuité, désintéressement, pardon. C'est-à-dire qu'il permet aux époux, dans leur condition même d'époux puis de parents, de grandir dans la foi et dans la communion d'amour avec Dieu, dans la conscience et la reconnaissance que leur amour a sa source en Dieu. Telle est la compréhension catholique du mariage.

Le sacrement du mariage prend effet par la parole des deux conjoints qui nouent leurs destinées. "Ainsi l'homme et la femme qui, par l'alliance conjugale, 'ne sont plus deux, mais une seule chair' (Mt 19,6), s'aident et se soutiennent mutuellement par l'union intime de leurs personnes et de leurs activités ; ils prennent ainsi conscience de leur unité et l'approfondissent sans cesse davantage. Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l'entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité" (Concile VATICAN II, L'Eglise dans le monde de ce temps, chapitre 1er Dignité du mariage et de la famille, §48.1). Les deux propriétés essentielles du mariage sont ainsi l'unité (un seul homme, une seufemme) et l'indissolubilité (pour toute la vie). Cette indissolubilité est à l'image de l'amour constant de Dieu pour son peuple (Osée 2, Jérémie 3, Ezéchiel 16 et 23, Isaïe 54), de l'amour constant de Jésus-Christ pour son Eglise (Eph.5).

De la citation biblique : "ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas" (Marc 10,9), l'Eglise catholique conclut :"la communauté intime de vie et d'amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur ; elle est établie sur l'alliance des conjoints, c'est à dire sur leur consentement personnel irrévocable" (Concile Vatican II, § déjà cité).


2. Pour que, en termes catholiques, un mariage soit valide, il convient qu'il réponde aux exigences que le droit canonique - système juridique de l'Eglise catholique - pose pour cette validité. La forme Note 2 : Elle a été rendue obligatoire par le Concile de Trente (1563) pour mettre fin aux mariages clandestins, aucune forme n'étant imposée jusqu'alors. Dés ce moment-là, les protestants n'y étaient pas soumis du point de vue canonique.canonique (obligatoire quand un des deux conjoints ou les deux sont catholiques) est le minimum nécessaire pour la célébration valide du mariage : il faut se marier devant le curé de la paroisse catholique et deux témoins.

En cas de mariage mixte (catholique et protestant - dont évangélique, par exemple), si les deux conjoints veulent se marier au temple protestant plutôt qu'à l'église catholique, le catholique devra demander à l'évêque une dispense de forme Note 3 : Dans tous les cas, dés lors qu'un des deux contractants est catholique, la forme canonique est obligatoire, sauf dispense. Avec la dispense, n'importe quelle forme publique de mariage sera reconnue comme valide, la mariage religieux dans une autre confession, comme le mariage civil.canonique. A cette dispense de forme, doit être jointe une permission de l'évêque. Celle-ci porte sur trois points:
- la partie catholique (et elle seule) doit promettre de faire son possible pour que les enfants soient catholiques ;
- l'autre partie doit simplement être informée de la promesse faite par la partie catholique (la partie protestante n'a pas de promesse à faire) ;
- les deux parties doivent accepter les éléments fondamentaux suivants : liberté de choix de chaque conjoint, unité, indissolubilité, réelle communauté de vie et d'amour, acceptation et éducation des enfants à venir.

Si la forme n'a pas été respectée, ou si la dispense n'a pas été accordée, le mariage n'est pas reconnu par l'Eglise catholique et l'invalidité du mariage peut être constatée.

Bien entendu, le mariage entre deux protestants (donc aussi deux évangéliques), célébré au temple, est tout à fait reconnu par l'Eglise catholique. A ses yeux, ce mariage est non seulement valide, mais sacramentel (signe de l'alliance d'amour qui unit le Christ et l'Eglise).

Haut de Page

Des catholiques questionnent des évangéliques :
Questions posées

1. Que signifie le mariage pour les Evangéliques ?

2. S'agit-il d'un sacrement ?

3. Quelles sont les conditions faites à un(e) catholique qui veut se marier avec un(e) évangélique au sein d'une assemblée évangélique ?

Haut de Page

Eléments de réponse :


1. Le mariage est un engagement, une alliance fondée sur une promesse réciproque de fidélité, établie conformément aux us et aux coutumes en vigueur dans la société où l'on vit. Cette fidélité s'appuie sur la confiance en l'autre mais de façon suprême sur la confiance en la grâce de Dieu "qui nous aide à tenir notre promesse". Le mariage est la mise en unité de deux existences dans le dialogue, le partage, l'union sexuelle et tout ce qui fait une vraie communauté de vie. La démarche de foi engagée par un couple chrétien devant l'Eglise suit la ratification officielle devant un officier de l'état civil assermenté de la municipalité, comme le veut la législation française.

Pour les évangéliques, cette ratification a aussi une valeur spirituelle puisque les autorités sont instituées par Dieu. Les promesses réitérées à l'Eglise rendent témoignage que le couple déjà marié s'attend pleinement à la grâce de Dieu.


2. Pour les évangéliques, l'engagement n'est pas une réalité ecclésiale, mais une institution créationnelle. L'engagement n'est pas en lui-même un sacrement, en ce sens qu'il contribue au salut personnel ou qu'il fortifie particulièrement les époux en vue d'un digne accomplissement de leurs devoirs en leur conférant une grâce particulière. Habituellement, le couple demande la bénédiction de Dieu en présence de l'église. Cette bénédiction, invoquée par un responsable de la communauté, n'a pas nécessairement lieu aussitôt après le mariage civil.


3. Dans certaines communautés évangéliques, ne sont accompagnés dans la démarche de bénédiction du mariage, que ceux qui témoignent effectivement d'une conversion à Jésus-Christ. Si c'est le cas pour le croyant catholique, il fait donc le choix d'accepter la démarche évangélique du mariage. En ce qui concerne le sens et la forme de la cérémonie, ils sont essentiellement déterminés par le choix de l'église où a lieu le mariage. La présence et la participation d'un ministre du culte de l'autre Eglise est possible, suivant le souhait du couple. Dans ce cas, il ne peut s'agir d'une Note 4 : Il ne peut y avoir concélébration que s'il y a accord sur le fond comme sur la forme de la célébration. Il s'agit, au sens strict, de la célébration du même mariage (ou d'un autre sacrement) par plusieurs ministres du culte ensemble, sous la présidence de l'un d'entre eux."concélébration", compte tenu de la divergence d'interprétation existante entre les deux traditions.

Enfin, le couple est vivement exhorté à éduquer ses enfants dans le foi chrétienne.

Haut de Page

En guise de conclusion

Des différences existent entre catholiques et évangéliques (et plus largement protestants) concernant leur compréhension du mariage, et mieux vaut effectivement s'informer en cas de mariage "mixte". Pour autant, et ceci est l'essentiel, les deux traditions s'accordent pour dire que se marier c'est s'engager devant Dieu sur un chemin de fidélité, dans une communauté de vie et d'amour, que la relation au Dieu trinitaire permet de nourrir, d'éclairer et d'approfondir.

Haut de Page

Eléments de bibliographie

Haut de Page